Nous cheminons dans une rue inconnue, je ne sais vers où
Je sais seulement qu'en un temps lointain, je t'ai connu
Au rythme de nos pas, les fenêtres closes des toits sombres
S'ouvrent et s'illuminent une à une

Derrière chaque fenêtre, un visage nous espionne
Lourds sont leurs regards, le tien vole vers l'horizon
Soudain, une rivière mouvementée jaillit sous nos pas
Un bateau s'arrête, un escalier en bois se déploie
Tu montes et tends la main vers moi
Je prends ta main, sa chaleur me saisit
Un souvenir de ton corps scintille dans mon esprit
Le bateau part, vacillant au rythme des vagues
Ton regard toujours au loin
Fébrile, je divague
Dans les recoins de mes souvenirs
Pour faire revenir
Le temps où tu étais tout près
Devant, ce n'est qu'obscurité
Derrière,
Les lumières,
S'éloignent peu à peu

Chahla Chafiq
Mai 2014