Je descends un escalier sans fin
J'avance
Encore des marches
Tortueuses
Mon manteau noir, lourd, me pèse
L'humidité putride trouble mon souffle

Peu à peu, la lumière expire
Ultime marche, un couloir, une porte
Une main froide prend la mienne
Un homme, voûté, le visage caché sous la chevelure blanche
Je me lance vers la porte, il me tire avec force en arrière
Mes cris dans les escaliers
Accrochée à lui
Toutes mes forces réunies
Je le jette à terre et m'enfuis
Je cours vers la porte
Dehors, le clair de l'aube
La cour, en terre battue
Le cerisier et le bassin au milieu
Tout comme
Les matins de mes sept ans
Seul le bassin est tourbe
Et les poissons rouges
Immobiles
Flottent comme des caillots de sang
Sur la surface verdâtre de l'eau

 

Chahla Chafiq
Avril 2014