Quel est votre avis sur la situation des populations en Iraq ?

Aujourd’hui, les populations d’Iraq, les femmes en premier lieu, paient un lourd tribut. Daech est un monstre accouché dans le sang de multiples guerres (Iran-Iraq, intervention américaine) qui n’ont fait qu’aggraver les conflits sunnites/chiites, conflits auxquels ont aussi contribué les intrigues politiques de la République islamique d’Iran. 

Comment voyez-vous, en tant que femme, la situation des femmes du Moyen Orient menacées par DAECH ?

Je suis révoltée par le sort que leur réservent les tenants de cette idéologie criminelle. Au nom de dieu, Daech met en esclavage des femmes et sacralise leur viol. Je suis aussi interpellée par le fait qu’une seule raison les pousse à de tels actes : la haine des femmes parce qu’elles sont femmes. En France, c’est à travers les écrans de télévision que nous voyons ces femmes victimes de viol et rendues esclaves par Daech. Nous oublions que les extrémistes religieux vivent aussi ici et qu’ils agissent quotidiennement. Pour combattre leurs propagandes, chacune, chacun de nous doit prendre conscience des enjeux, refuser les compromis antihumanistes et prendre sa part de responsabilité dans l’action que ce soit par l’éducation populaire, la solidarité, le débat, etc.

Quel est votre point de vue sur le sujet de la solidarité entre femmes à travers le monde ? Auriez-vous des idées personnelles pour améliorer ce point ?

Chacune, chacun d’entre nous a un rôle à jouer pour contrer l’avancée des extrémismes religieux et défendre les droits des femmes, partie intégrante des droits humains. Aucun être humain ne peut rester indifférent aux crimes perpétrés par les extrémistes religieux. Cependant, sans une solidarité envers les femmes, leurs premières victimes, effectives et potentielles, cette sensibilité ne mène à rien. Les rassemblements internationaux tels que ceux qu’organise la Marche Mondiale des Femmes constituent des lieux incontournables pour concrétiser cette solidarité. C’est pourquoi je me trouve à Marseille, à leurs côtés. Dans cette résistance, la laïcité est le meilleur des remparts.

L'écriture est-elle un moyen de se défendre, un moyen de s'exprimer ?

L’écriture est une nécessité. Elle est un lieu de compréhension du monde et des relations humaines dans toute leur complexité, dans toutes leurs nuances. Le lieu à partir duquel on part à la recherche de soi et des autres. Mais cette rencontre unique demande des renoncements, comme d’accepter de se dépouiller des peurs et des illusions qui nous habitent. Au bout de ce chemin ardu, il est donné aux plus chanceux de trouver la joie et l’envie de changer.

Propos recueillis par Robin Bodet

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LaMarseillaise