Assise dans le jardin
Je contemple la femme en noir
Telle la crinière d'un cheval au galop
Sa fière chevelure vole sur ses épaules

Son regard, soucieux, vagabonde aux alentours
Attend-elle son amour ?
Un couple, elle se tourne
Peut être demande-t-elle l'heure ?
Le temps se noie dans ma montre en pleurs
La femme murmure aux passants
Encore et encore
Voilà, enfin, une main tendue, et une pièce
Elle la cache dans sa poche aussitôt
Et se courbe vers les autres de nouveau
Une dame à la valise, un homme et sa canne
Les uns lents, les autres se pressant
Parfois une pièce
Puis rien pour longtemps
Ni même l'ombre d'un sourire
Arrive un ivrogne, aux pas chancelants
Debout, devant elle, marmonnant
De la poche de sa robe noire
Elle sort un paquet et un briquet
Filent entre eux des fumées et des mots
Tels des copains au moment des adieux
Le regard de la femme suit l'ivrogne
Puis revient
Glissant sur les passants
Debout, sans mot, ses épaules trébuchent
A l'image des miennes
Peut-être se dit-elle
Durer dans l'attente
Que c'est vain !

 Chahla Chafiq
Octobre 2014